La Bhagavad Gita (VI, 2 et 4) nous dit :

"ce qu'on appelle renoncement n'est rien d'autre que le yoga...

un yogi est parvenu au terme de son ascèse lorsqu'il ne s'attache plus ni aux objets des sens ni aux actions..."

Toute crise est une bénédiction, elle nous offre l'opportunité d'apprendre, si nous savons la saisir. Cette crise sanitaire est une bénédiction, "plus rien ne sera comme avant", disait-on.

Une opportunité de retrouver l'essentiel, cet essentiel qui nous unit à la vie,

et de se détourner de l'accessoire, qui nous en sépare.



la Bhagavad Gita est la partie centrale du poème épique Mahabharata

elle est considérée comme une des sources du yoga


Devant les événements mondiaux, crises sanitaire, climatique, économique et sociale nous sommes face au défi d'apprendre à accueillir l'incertitude. Incertitude fondamentale pourtant du vivant que nous avions trop rapidement oubliée, endormis par les fausses promesses du contrôle et des garanties à bon compte.


Une des vertus du yoga est justement de nous ramener à la conscience du vivant en nous et autour de nous. Pleinement conscients de la vie nous ressentons alors son impermanence fondamentale. Rien ne demeure, tout change incessamment. Le yoga appelle ainsi chacun à s'ouvrir au mouvement de la vie qui jamais ne cesse trouvant à s'écouler quels que soient les obstacles ou les aléas. Un flux de vie qui excède immensément notre petit moi.


Naître à la vie, c'est s'accorder à ce flux changeant. Flux dont personne ne peut se dire propriétaire. L'humilité va alors de soi et elle ne s'affiche pas. Toute vie ne s'exprime qu'au sein de la vie, et s'éteint lorsqu'elle s'en sépare. Ce qui nous sépare de la vie nous éteint. Et nous éteignant nous ne supportons plus de voir encore briller ce dont nous nous sommes détournés. Voulons nous vraiment éteindre la lumière en partant, persuadés de son inutilité si nous n'y sommes pas ?

Le ruisseau qui bouillonne me rappelle au moment présent La vérité du jour nouveau qui se déploie Le soleil qui se lève La rosée matinale qui étincelle en arcs en ciel Les champs bruns qui se reposent après la moisson Les feuilles qui tapissent le sol de la forêt se préparent de nouveaux vêtements pour le printemps Dans la paix, je m’assoie pour calmer ma souffrance

Y a-t-il une seule fleur qui s’épanouisse sans que le bourgeon n’éclate avec douleur ? Y a-t-il un seul enfant qui grandisse joyeusement sans que sa mère n’endure quelques difficultés ? Y a-t-il une seule goutte de compassion qui ne soit pas construite sur le fondement de la souffrance?

Avec beaucoup de soin Avec beaucoup de douceur Je fais le vœu de prendre soin de moi De revenir sans cesse à moi-même pour embrasser ma douleur

Ne prononce aucun mot quand ton cœur porte encore l’empreinte de la souffrance, cela ne ferait que blesser les autres Ne laisse aucune pensée s’élever quand la souffrance est présente, son énergie s’emparerait de ta joie Souviens-toi, prends bien soin de toi Avec beaucoup de soin Avec beaucoup de douceur

Reviens à toi pour embrasser les blessures anciennes Afin que l’amour et la compassion continuent à s’épanouir Et demain, fleurs et fruits jailliront, verts et frais


Poème de Hoi Nghiêm, nonne au Village des Pruniers

fondé par Thich Nhat Hanh


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